EPTB-Vilaine

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Etude de modélisation hydrodynamique de l’estuaire

La première tranche (volet hydrodynamique) de l’étude de modélisation du fonctionnement de l’estuaire de la Vilaine est maintenant achevée. Cette première partie de l’étude de modélisation a apporté de nombreux éléments de compréhension du fonctionnement hydrodynamique de l’estuaire.

  • Conclusion de l’étude de modélisation hydrodynamique :
Dans la baie, les courants sont sous l'influence des vents, lorsque le vent d'ouest est fort le panache de jusant est plaqué au sud et les courants de flot sont plus importants au nord. En vent d'est, ces courants sont inversés (courant de flot plus important au sud et courant de jusant prépondérant au nord) et entrainent une sédimentation variable dans l’estuaire en fonction des conditions climatiques.
- La capacité de remise en suspension des sédiments par la houle a augmenté car le stock sédimentaire se situe aujourd'hui plus en aval et donc plus directement sous l’influence de la houle. Avant la construction du barrage le système était beaucoup plus semblable à ce qu'on pouvait observer par exemple sur la Loire, estuaire non contraint par un barrage. En estuaire de Vilaine, la remise en suspension des sédiments est maintenant beaucoup plus dépendante des conditions de houle que de l'oscillation des marées, contrairement à l’époque avant-barrage. La modélisation confirme aussi que l’influence du débit amont  est importante. Un débit fort pourrait provoquer une érosion jusqu'au chenal externe.

- La diminution des courants par la régulation du débit au barrage, favorise un système dominé par le flot, ce qui se traduit par une tendance des sédiments à remonter dans l'estuaire et à ne plus redescendre, exemple : la constitution du banc du Strado qui entraîne des phénomènes d'accélération des processus sédimentaires du fait de la diminution locale des profondeurs d'eau.


- L'estuaire est plus stratifié par vent d'est que par vent d'ouest. Par vent d'ouest apparaît un front vertical, les masses d'eau douce sont alors repoussées latéralement, notamment sur la zone de la plage de la Mine d'Or. Les vents d'est favorisent la stratification de la masse d’eau, et peuvent alors s'accompagner d'une augmentation des phénomènes chimiques de type floculation des sédiments. En l'absence de vent et de forts débits et en mortes eaux, l’estuaire ne semble pas stratifié.


- Il existe des tourbillons derrière les roches de Kervoyal avec des zones locales de piégeage de sédiments. Quelles que soient les conditions testées, on constate la présence de tourbillons qui sont généralement localisés derrière les rochers ou les caps (effets de caps). En fonction de la direction des vents, les zones tourbillonnaires n’ont pas le même sens de rotation. Cette observation issue du modèle est en accord avec les modifications saisonnières de l'envasement de ces zones constatées par l'Université de Vannes (suivi par les Altus et les pieux repères de l’envasement des plages des rives Nord).
  • Analyse des simulations :
- Faisabilité d'un chenal externe : le chenal sud est le plus compatible avec le type d'écoulement de l'estuaire, les courants dominants de jusant sont en continuité avec le chenal, alors que pour le chenal nord il y a un risque accru de piégeage des sédiments dans certaines zones.

 
 - Il reste la problématique de l'entrée de Billiers : en traçant un chenal à une cote de 0.5 m cote marine, le volume à draguer serait de 23 000 m3. La connaissance des volumes oscillants grâce à la réalisation d’une campagne de mesures dans le chenal de Billiers, a permis de montrer qu'un débit fort se traduit par des courants de jusant proche du chenal mais que le flot prédomine, ce qui se traduira par un ré-envasement de ce chenal et donc la nécessité d’un entretien permanent. Le fait que l’étier de Billiers se soit peu à peu colmaté, a entraîné une diminution ici aussi des courants oscillants de marée.
Le rétablissement des ces courants oscillants au niveau de l’étier (par curage par exemple) assurerait un meilleur “auto-entretien” du chenal d’accès au port.
Le lancement de la seconde tranche de l’étude : l’intégration du volet sédimentaire au modèle, sera soumis à la décision du Conseil d’Administration de l’IAV qui doit se réunir au mois de juin prochain.


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