| Suivi scientifique des anguilles et civelles |
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| Mardi, 18 Novembre 2008 11:31 |
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Les arrivées de civelles Il n’y a qu’un seul stock d’anguilles en Europe, car les géniteurs d’anguilles se rejoignent dans la mer des Sargasses pour réaliser leur reproduction. Après une migration transocéanique de deux ans, les larves d’anguilles retournent vers les côtes européennes puis se transforment en civelles à l’approche du talus continental. L’importance des arrivées de civelles dans les estuaires constituent à ce jour la principale mesure de l’état de santé du stock d’anguilles européennes. Les arrivées de civelles sont actuellement à 5 % de leur niveau maximum dans les années 1970 et elles continuent à décliner.  Le stock est considéré comme en dehors des limites de sécurité biologiques, et la présence apparente d’une relation dépensatoire (effet Allée ou perte de succès reproducteur à faible niveau de stock) fait craindre que nous puissions déjà être au-delà du point où toute restauration est impossible pour cette espèce. La Vilaine est l'un des estuaires de référence européen pour le suivi des arrivées de civelles. Du fait de la présence du barrage d’Arzal-Camoël, la pêcherie de civelles qui s’exerce au pied du barrage est très efficace. Ainsi la série de captures donne une idée précise de la tendance des arrivées de civelles sur les côtes européennes, à condition qu’on écarte les captures réalisées avant la fermeture du barrage d’Arzal-Camoël.   ![]() Figure : Tonnage de civelles rentrant dans la Vilaine d’après les captures de la pêcherie et les estimations d’échappement à la pêcherie effectuées par l’Institution d'Aménagement de la Vilaine.  Le suivi de la passe d’Arzal La construction à partir de 1996 de la passe à anguilles sur le barrage d’Arzal à permis d’effectuer des comptages de la migration des civelles et des jeunes anguilles vers le fleuve. Cette migration est facultative, car la majorité des anguilles bouclent leur cycle en eaux côtières et dans les estuaires.  ![]() Nombre de civelles et d’anguilles jaunes migrant sur la passe à anguille du barrage d’Arzal  Le suivi de la passe permet de déterminer avec précision le nombre de « recrues » disponibles pour la population d’anguilles du bassin versant, et ainsi juger de l’adéquation des mesures de gestion qui sont prises pour faciliter cette migration.
Face à l’effondrement des arrivées sur la passe à partir de 2000, des pêches expérimentales ont été initiées entre 1999 et 2005 pour tenter de restaurer le stock d’anguilles fluvial. Ces pêches ont malheureusement eu pour conséquence l’effondrement encore plus marqué des populations d’anguilles fluviales et elles ont également accéléré la baisse du stock d’anguilles en estuaire. La raison de cet échec tient au fait que les civelles pêchées en estuaire, même à vitesse réduite ont un taux de survie très faible lorsqu’on les relâche dans le fleuve ou dans des ruisseaux. La diminution du nombre de civelles de l’estuaire se traduit aussi par une perte d’efficacité de la passe. Cette dernière qui correspond au ratio du nombre de civelles arrivant en estuaire après l’arrêt de la saison de pêche, et du nombre migrant sur la passe est passée de 20 % en 1996 à 2.3% en 2003. Il existe probablement un comportement social des civelles qui faciliterait la migration active, cette migration à contre courant de courte durée, qui permet aux civelles d’accroître l’aire sur laquelle elles se sédentarisent à la limite des estuaires lorsqu’elles sont en grand nombre. A partir de 2006, les pêches expérimentales ont été stoppées et leur intensité à été réduite dès 2005. Cet arrêt a eu pour conséquence une augmentation des montées sur la passe et surtout le retour d’un grand nombre d’anguillettes sur la passe, témoins de l'amélioration de l’état des populations estuariennes.
Filet équipé d’un débitmètre utilisé pour les captures expérimentales dans l’écluse en 2007. |
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